Date de publication : 27 October 2025
Publié par : Sanya Mehra
Afin d'offrir à leurs clients la meilleure expérience possible, les constructeurs automobiles ont investi massivement dans leurs véhicules au fil des ans. Cet engagement est plus que jamais manifeste dans le secteur automobile actuel, car les progrès de l'intelligence artificielle (IA) et l'amélioration de la connectivité sont les principaux moteurs de la révolution des véhicules autonomes. Cette transformation profonde va métamorphoser notre rapport aux transports, le rendant non pas moins pratique, mais plus sûr et plus efficace. Un véhicule autonome est une innovation technique capable de se déplacer de manière autonome d'un point de départ à un point d'arrivée. Il y parvient grâce à un ensemble de capteurs et de technologies embarqués de pointe, tels que le lidar, le radar, les caméras et des logiciels avancés. La fonctionnalité de cette technologie est segmentée en niveaux reflétant le degré d'automatisation ; il ne s'agit donc pas d'un système monolithique.
Anatomie des voitures autonomes : les six niveaux d’automatisation
La norme SAE J3016, développée par la Society of Automotive Engineers (SAE) International, définit six niveaux d'automatisation de la conduite. Cette classification est utilisée dans le monde entier par les constructeurs automobiles et les organismes de réglementation pour catégoriser les capacités des véhicules. Chaque niveau s'appuie sur le précédent, formant ainsi un continuum.
- Niveau 0 : Aucune assistance à la conduite – Il s’agit du mode par défaut, où toutes les tâches de conduite évoluant en temps réel restent sous la responsabilité du conducteur. La voiture peut émettre des avertissements ou fournir une assistance ponctuelle. Par exemple, un système d’arrêt d’urgence peut alerter le conducteur d’une collision imminente, mais ne prend pas le contrôle du véhicule. Bien que ces systèmes soient utiles, le conducteur conserve l’entière maîtrise de la situation.
- Niveau 1 : Assistance au conducteur – À ce niveau, le véhicule fournit une assistance à la direction ou à l’accélération/décélération. L’assistance au maintien dans la voie, qui maintient le véhicule au centre de sa voie, et le régulateur de vitesse adaptatif, qui ajuste la vitesse et la distance avec le véhicule qui précède, en sont deux bons exemples. Le conducteur reste toujours attentif et prêt à reprendre le contrôle.
- Niveau 2 : Conduite partiellement automatisée – Le niveau 2 représente une avancée majeure, car le système peut diriger et accélérer/décélérer simultanément. Il est utilisé par des véhicules comme le Super Cruise de General Motors et l’Autopilot de Tesla. Bien que le conducteur ne requière plus de contrôle manuel, il doit rester vigilant et pouvoir freiner à tout moment. La conduite en situation de conduite autonome reste du ressort du conducteur.
- Niveau 3 : Conduite automatisée conditionnelle – Le véhicule est désormais capable d’assurer l’intégralité de la conduite dynamique dans des conditions spécifiques. Le passage du niveau 2 au niveau 3 est donc crucial. Dans un environnement restreint, comme un embouteillage, un système de niveau 3, tel que le Traffic Congestion Pilot d’Audi, peut intervenir. L’opérateur humain doit être présent pour que le système puisse reprendre le contrôle sur demande. Il s’agit d’une différence majeure, qui représente également un défi technologique et réglementaire important.
- Niveau 4 : Autonomie de conduite élevée – À ce niveau, le véhicule prend en charge toutes les activités de conduite dynamique au sein d’un domaine opérationnel spécifique et limité. Il est ainsi capable de circuler de manière autonome dans une zone prédéfinie, par exemple un secteur urbain géorepéré ou une autoroute dédiée, sans intervention humaine. Le véhicule peut gérer les situations imprévues et effectuer des manœuvres à faible risque, comme un arrêt en toute sécurité en cas de défaillance du système.
- Niveau 5 : Conduite entièrement automatisée – L’objectif à long terme est de disposer d’un véhicule capable de se conduire de manière dynamique en toutes circonstances, sans aucune intervention humaine. Conçue pour fonctionner de façon autonome partout, sur toutes les routes et par tous les temps, une automobile de niveau 5 est dépourvue de volant et de pédales. Ce niveau représente le véhicule véritablement autonome.
L'assistance de la technologie des véhicules connectés
La communication V2X (Vehicle-to-Everything), souvent appelée technologie des véhicules connectés, est le système nerveux du système de transport. Elle permet la communication entre les véhicules (V2V), l'infrastructure (V2I), les piétons (V2P) et le cloud. Au-delà des capacités d'une voiture isolée, ce réseau offre de nombreux avantages.
- Sécurité : Les véhicules connectés offrent aux conducteurs une vision à 360 degrés de leur environnement, bien au-delà de leur champ de vision. Une étude du Département des Transports américain souligne que la communication V2X a le potentiel d'éviter la grande majorité des accidents. En permettant aux véhicules de partager des informations clés sur leur vitesse, leur position et l'état de leur freinage, le système est capable d'avertir les conducteurs d'un danger imminent dans un virage, derrière un bâtiment ou dans un angle mort, leur laissant ainsi un temps de réaction supplémentaire avant une collision potentielle. Cette capacité de perception à 360 degrés représente un pas de géant vers l'objectif « zéro accident ».
- Transports verts : Les véhicules connectés jouent un rôle crucial dans le développement de modes de transport durables. Grâce à l’échange d’informations en temps réel avec l’infrastructure, ils permettent de fluidifier le trafic, de prévenir les embouteillages et d’éliminer les arrêts et redémarrages inutiles. Selon les recherches sur la communication V2V, le partage de données en temps réel et d’alertes avec les conducteurs concernant la vitesse optimale permet aux réseaux connectés de réaliser des économies de carburant et de réduire les émissions de carbone. Cette synergie collaborative entre les véhicules et l’infrastructure intelligente est un élément essentiel du développement d’infrastructures de transport durables.
- Communication entre véhicules (V2V) : la communication V2V permet aux voitures de partager des informations anonymes de manière fiable et sécurisée. La technologie DSRC (Dedicated Short-Range Communications) utilise généralement une bande de fréquences radio spécifique (5,9 GHz aux États-Unis) afin de garantir une communication à faible latence. Le V2V crée un réseau ad hoc qui facilite l'échange de données en temps réel entre les véhicules et s'avère être un élément essentiel de la sécurité et de la fluidité du trafic. La visibilité directe améliore la circulation, favorise la coopération entre les véhicules et permet de recevoir des alertes de collision en temps réel, même lorsque cela n'est pas possible.
Le système de positionnement global, ou GPS
Le système de positionnement global (GPS) est un système de navigation par satellite qui fournit l'heure et la position avec précision. Bien qu'il appartienne au passé, son application et son développement dans les véhicules connectés l'ont rendu irremplaçable. Les récepteurs GPS embarqués utilisent les signaux d'un réseau de satellites en orbite autour de la Terre pour déterminer leur position exacte. Ces données sont essentielles pour :
- Navigation et cartographie : le GPS est la pierre angulaire de la navigation moderne, fournissant au conducteur des indications de direction précises et des informations en temps réel sur le trafic.
- Utilisation des véhicules autonomes : La localisation et la cartographie fiables des voitures sans conducteur reposent sur un GPS de haute précision, généralement complété par un lidar et des caméras. Le GPS indique au véhicule sa position sur la carte, à quelques centimètres près, ce qui est indispensable pour une conduite sûre.
- Systèmes d'information géographique (SIG) : La collecte de données GPS provenant d'une vaste flotte de véhicules en réseau permet d'assembler des cartes de trafic, de l'état des routes et des caractéristiques géographiques sous forme de cartes complètes et en temps réel, fournissant ainsi un retour d'information précieux pour la planification urbaine et la gestion des transports.
- Système de diagnostic embarqué (OBD) : Le système de diagnostic embarqué (OBD) est le système intégré d'autodiagnostic et de signalement d'un véhicule. L'OBD fournit des informations en temps réel sur les performances et l'état du véhicule. La norme OBD-II, appliquée aux États-Unis par le California Air Resources Board (CARB) et l'Environmental Protection Agency (EPA), oblige les automobiles à surveiller les systèmes et composants liés aux émissions. Le port OBD, généralement situé sous le tableau de bord côté conducteur, permet aux techniciens d'accéder à ces informations, telles que les codes d'erreur de diagnostic (DTC), afin d'identifier instantanément les problèmes. Le développement des systèmes OBD, tel que défini par plusieurs réglementations gouvernementales, s'est concentré sur la normalisation des protocoles de communication (tels que J1850 et ISO 9141-2) afin de permettre l'utilisation d'outils de diagnostic génériques pour lire et effacer les codes, facilitant ainsi le travail des techniciens et des propriétaires de véhicules.
Domaines de mise en œuvre des capacités des véhicules connectés
L'adoption des technologies de véhicules connectés n'est pas encore mondiale, mais se concentre dans des régions spécifiques bénéficiant d'une réglementation favorable et d'infrastructures technologiques développées. La région Asie-Pacifique, en particulier, s'est imposée comme un pôle d'innovation et d'adoption pour les véhicules connectés. Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs, tels que le déploiement rapide des réseaux 5G, le renforcement des normes de sécurité et l'adoption généralisée de l'Internet des objets (IoT) sur le marché automobile.
L'adoption croissante de la 5G dans les modèles de voitures, le renforcement des normes de sécurité et de sûreté des véhicules, la croissance du nombre de véhicules utilitaires et l'utilisation de l'Internet des objets (IoT) dans le secteur automobile devraient être les principaux moteurs de la demande de voitures connectées en Asie-Pacifique. Une étude récente estime que les ventes de voitures connectées 5G en Chine devraient atteindre environ 7 millions d'unités d'ici 2025, soit 40 % du total des ventes de véhicules connectés du pays.
Chine : La Chine est leader sur le marché des véhicules connectés. Selon une étude, d'ici 2025, environ 70 % des véhicules neufs vendus dans le pays seront équipés d'une technologie connectée. Le gouvernement a également investi massivement, avec plus de 15 milliards de dollars alloués aux projets de villes intelligentes, dont une grande partie est consacrée à l'amélioration de la connectivité des véhicules. Le déploiement des réseaux 5G en Chine devrait permettre de vendre près de 7 millions de voitures connectées d'ici 2025, soit 40 % du total des ventes de véhicules connectés du pays.
Inde : Le marché indien des véhicules particuliers est en pleine expansion. Selon une analyse de l’Indian Brand Equity Foundation (IBEF), ce marché représentait 32,70 milliards de dollars américains en 2021 et devrait atteindre 54,84 milliards de dollars américains d’ici 2027. L’Inde progresse également de manière significative en matière de développement des véhicules électriques, grâce à des programmes gouvernementaux tels que le programme FAME (Faster Adoption and Manufacturing of Hybrid and Electric Vehicles).
Japon : Depuis le lancement de la Toyota Prius en 1997, la demande de véhicules hybrides électriques (VHE) est importante, et le pays s’est engagé de longue date en faveur des transports électriques. D’ici 2035, le gouvernement japonais ambitionne de vendre exclusivement des véhicules électriques ou hybrides. En 2020, près de 1,4 million de voitures électriques neuves ont été vendues, selon l’Association japonaise des concessionnaires automobiles (JADA). Les VHE représentaient 97,8 % des véhicules électriques neufs livrés cette année-là, tandis que les VHR et les VEB représentaient une part plus faible, mais croissante.
Conclusion
Alors que les voitures intègrent de plus en plus de matériel et de logiciels informatiques, et que le monde est confronté aux besoins universels de déplacements sûrs, efficaces et agréables, la communication de données sans fil est sur le point de révolutionner le secteur des transports. Grâce à l'interconnexion sécurisée et compatible des véhicules, des unités grand public et des appareils, la technologie des véhicules connectés n'est pas une simple tendance ; elle représente l'avenir. Soutenue par la transition internationale vers les villes intelligentes et les transports durables, cette révolution pourrait s'avérer bénéfique pour la société dans son ensemble. Plus de 4,5 milliards de personnes dans le monde utilisaient activement Internet en avril 2021, témoignant de l'interconnexion croissante de notre société. Par ailleurs, l'essor du secteur des TIC a fortement contribué au PIB et aux investissements en R&D, confirmant ainsi le lien étroit entre cette révolution technologique et la transformation socio-économique. Les voitures autonomes révolutionneront non seulement les transports, mais contribueront également à un avenir plus vert et plus prometteur, comme en témoignent les investissements conjoints des plus grandes entreprises et des gouvernements du monde.
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